jeudi 11 décembre 2025

ANALYSE DU CONCEPT DE TOLÉRANCE

 I. AVIS SUR LA TOLÉRANCE DANS "MONSIEUR IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN"

a) De l'auteur:

-"C’est un conte de tolérance, de bienveillance et très humaniste. Il œuvre pour l’amour et non pour la haine. Ce texte a donc peut-être plus d’importance".

-"Derrière les histoires que je narre, il y a bien évidemment des soucis philosophiques : développer la tolérance, créer du respect pour les personnages de la vie quotidienne auxquels personne ne prête attention, faire connaître une religion, montrer comment l’on peut aborder avec courage la vie et la mort, etc"

b) Marion Faucillas (professeur de Formation Bachibac):




c) D'autres: Hymne à la tolérance.


II. DÉFINITION du dictionnaire Trésor de la langue française:



III. LES PHILOSOPHES ET LA TOLÉRANCE:

-JOHN LOCKE

La Lettre sur la tolérance est un essai du philosophe anglais John Locke, rédigé en 1686 et publié pour la première fois en 16891. Il fut publié, sans nom d'auteur, en latin, à Gouda, et traduit immédiatement dans plusieurs langues.

Cette « lettre » est adressée à un « monsieur » — il s'agit en réalité d'un ami proche de John LockePhilipp van Limborch, qui la publia sans son autorisation. Locke y défend un nouveau rapport entre religion et gouvernement. Locke, un des fondateurs de l'empirisme, développe ainsi une philosophie contraire à celle exprimée par Thomas Hobbes dans son livre Leviathan, dans la mesure où il défend notamment la tolérance religieuse pour certaines confessions chrétiennes. Sa lettre fut publiée dans un contexte où régnait la peur que le catholicisme puisse s'imposer en Angleterre ; la tolérance est la réponse que Locke propose alors au problème religieux.

À l'inverse de Hobbes qui considérait qu'avoir une unique religion était une condition nécessaire pour une société efficace, Locke considère que la multiplicité des religions est un moyen de prévenir les troubles dans la société. Il considère ainsi que les troubles dans la société naissent de la volonté étatique d'empêcher l'exercice de différentes religions, là où il serait préférable de les tolérer. Par là, Locke entend distinguer « ce qui regarde le gouvernement civil, de ce qui appartient à la religion, et de marquer les justes bornes qui séparent les droits de l'un et ceux de l'autre »2. Il considère que le gouvernement et l'Église remplissent des fonctions différentes et ne doivent donc pas être mélangés.

Pour Locke, le seul moyen pour une Église de convertir des fidèles est par la conversion sincère et non par la force. Le gouvernement ne doit pas se mêler du salut des âmes. Pour appuyer sa thèse, Locke avance trois arguments :

  • les individus ne peuvent pas déléguer à l'État le soin de s'occuper de leur âme ;
  • l'exercice de la force ne peut pas contraindre les âmes, juste amener à l'obéissance ;
  • même si la coercition pouvait persuader quelqu'un de quelque chose, Dieu ne force pas les individus contre leur volonté.

La tolérance de Locke rencontre deux limites, la première avec les athées, sur qui les engagements qui sont la base de toute société n'auraient aucun effet. Il écrit ainsi : « ceux qui nient l'existence d'un Dieu, ne doivent pas être tolérés, parce que les promesses, les contrats, les serments et la bonne foi, qui sont les principaux liens de la société civile, ne sauraient engager un athée à tenir sa parole »3. La seconde limite est celle des Catholiques, qui se mettraient donc sous les ordres d'un autre prince en obéissant au Pape.

La tolérance est un élément central de la philosophie politique de Locke. Par conséquent, seule une Église qui prêche la tolérance peut être autorisée dans une telle société. (Wikipédia).


-VOLTAIRE


Le Traité sur la tolérance est une œuvre de Voltaire publiée en 1763.

Ce texte vise la réhabilitation de Jean Calasprotestant faussement accusé et exécuté pour avoir assassiné son fils afin d'éviter que ce dernier ne se convertisse au catholicisme.  Le contexte historique est alors encore fortement marqué par les guerres de Religion françaises des siècles précédents.

Dans ce Traité sur la Tolérance, Voltaire invite à la tolérance entre les religions et prend pour cible le fanatisme religieux (plus particulièrement celui des jésuites chez lesquels il a fait de brillantes études étant jeune homme) et présente un réquisitoire contre les superstitions accolées aux religions. (Wikipédia)


-KARL POPPER ET LE PARADOXE DE LA TOLÉRANCE


Le paradoxe de la tolérance affirme que si une société est tolérante sans limite, sa capacité à être tolérante est finalement détruite par l'intolérant. Karl Popper dans La société ouverte et ses ennemis (1945) l'a décrit comme l'idée apparemment paradoxale que « pour maintenir une société tolérante, la société doit être intolérante à l'intolérance. » Popper développe cela en écrivant : « Je n'implique pas, par exemple, que nous devions toujours supprimer l'énoncé des philosophies intolérantes ; tant que nous pourrons les contrer par des arguments rationnels et les contrôler par l'opinion publique, la suppression serait très imprudente. Mais nous devons revendiquer le droit de les supprimer si nécessaire, même par la force. » (Wikipédia)


IV. DÉBAT: 


IV. 1. La tolérance et le respect dans les établissement scolaires (extraits de Jean-Pierre Obin, LE RESPECT, LA  TOLERANCE, LES ETABLISSEMENTS ET LA VIE SCOLAIRE (Article pour Confluences n°9, IUFM de Lyon, 1998):


"Le respect, la tolérance, voilà deux valeurs dont on parle beaucoup aujourd’hui dans les établissements scolaires. Il est fréquent de les associer, voire de les confondre. N’est-il pas prudent cependant d’y regarder à deux fois ? Il n’est pas certain en effet que ces deux principes se confondent ou même procèdent de la même inspiration [...] Regardons de plus près ces deux notions, pour mieux cerner ce qui les distingue et peut néanmoins les rapprocher.  

LA TOLÉRANCE  

Voilà un mot particulièrement ambivalent. Son radical se décline fréquemment sous trois formes : tolérer, tolérance, intolérable, dont chacune renvoie, dans les établissements scolaires, à des usages et des circonstances différents. L’usage du verbe tolérer délimite souvent une  zone de compromis entre le permis et l’interdit [...]  Les comportements “ tolérés ” ne sont ni moraux ni même autorisés, mais les prohiber entraînerait un coût social jugé hors de proportions avec les troubles qu’ils pourraient engendrer. Pour autant personne n’est vraiment fier de ces “ tolérances ”, au sens faible du terme. Au sens fort, la tolérance est une valeur, un idéal moral fondé sur le respect des libertés de chacun. Elle suppose un désaccord avec ce que pense, aime ou fait l’autre. Historiquement, la tolérance s’adresse à la conscience, d’abord religieuse avant de s’étendre à tous les domaines de la pensée, du goût et des mœurs. Elle nécessite une capacité de prendre des distances avec soi-même, de concevoir ses propres convictions comme en partie construites, et aussi dignes d’attention que celles d’autrui. La tolérance implique donc la réciprocité, à tout le moins la réflexivité. C’est ce qui en fait une question sociale, donc politique, et donc juridique : comment concevoir et organiser cette réciprocité ? Admet-elle des limites ? Jusqu’où tolérer ? “ Qu’ils commencent par n’être pas fanatiques pour mériter la tolérance ! ” s’exclamait Voltaire.

[...]


Apprendre la tolérance, dans le contexte scolaire d’aujourd’hui, consiste à apprendre à accepter ces différences, non pas au nom d’un “ droit à la différence ” qui enfermerait chacun dans son origine, mais d’un “ droit à l’unité ” qui permet de la dépasser pour considérer, dans une tradition voltairienne, une appartenance commune à l’humanité. Éduquer à la tolérance ne revient cependant pas à enseigner l’indifférence. C’est ici qu’apparaît, à l’opposé de ce sentiment, l’intolérable, ou devoir de ne pas tolérer. Refuser l’esclavage, s’opposer à la barbarie, ne pas accepter la misère et refuser la tyrannie ont constitué historiquement une source majeure de progrès pour l’humanité. De ce point de vue le refus de tolérer, le sentiment de l’intolérable ne revient pas à s’opposer à la tolérance, mais bien à l’indifférence ou à la lâcheté.


LE RESPECT  


On l’a dit, le respect est la valeur cardinale revendiquée par les élèves. Et sans doute le sentiment d’irrespect qu’ils disent éprouver a-t-il quelque base objective [...]  le sentiment de respect s’adresse à la personne humaine elle-même, et non à ses pensées ou ses croyances, qui doivent être considérés comme des choses. L’attitude morale consiste alors pour Kant, après s’être posé la question de la généralisation d’un comportement (“ Réfléchissons à ce qu’il adviendrait si chacun faisait comme moi ”), à adopter l’attitude qui serait généralisable sans dommage pour les personnes. On l’a vu, la tolérance s’adresse à l’individu, privilégie sa liberté ; le respect s’adresse à la personne et tend à préserver sa dignité. Le respect, c’est la reconnaissance de l’éminente dignité de la personne humaine, qualité qui réside dans notre capacité à la moralité, au-delà même de nos actes. Dans cette conception la personne du criminel mérite d’être respectée comme celle de l’homme vertueux et, même aux mains de la police ou de la justice, d’être traitée dignement. Il va sans dire qu’il devrait en être de même du “ mauvais élève ”, faible, paresseux ou indiscipliné [...]



IV. Tolérance et liberté d'expression: qui peut déterminer ce qu'on peut dire ou penser?


Spinoza:


Pour Spinoza,
la liberté de penser est un droit inaliénable et inhérent à la nature humaine, indissociable de la recherche de la vérité et de la paix de l'État. Dans son Traité théologico-politique, il soutient que la soumission totale de l'esprit est impossible, et que l'État le plus stable est celui qui garantit cette liberté, permettant ainsi aux citoyens de raisonner librement sans pour autant troubler l'ordre public. Il faut alors combattre les faux arguments avec des vrais arguments, pas avec la censure (Diego Fusaro).
Points clés de la pensée de Spinoza sur la liberté de penser :

En somme, pour Spinoza, un État libre ne cherche pas à imposer une pensée unique, mais permet à chacun de penser ce qu'il veut et de dire ce qu'il pense, car la raison humaine ne peut être asservie.


Comme cet article se propose de défendre la liberté d’expression plus que le contenu des propos d’Emmanuel Todd, j’aimerais terminer avec Alexis de Tocqueville qui, il y a presque deux siècles, avait déjà saisi nombre de paramètres de la question. Dans le monde actuel, la vérité n’appartient pas à des prophètes ni à des idéologies qui se présentent comme telles. Chaque personne ne peut pas vérifier l’ensemble de ces croyances et des informations médiatiques, ainsi elle a tendance à croire pour vrai ce que pense la majorité. Le critère de validation d’un point de vue est le nombre de personnes qui s’y raccroche. Il va de soi que cette situation est extrêmement dangereuse pour la démocratie, Tocqueville parle de tyrannie de la majorité. Sous cette loi s’installe une « spirale du silence » : toutes les opinions alternatives ont tendance à être critiquées, dénoncées, voire même attaquées. La question est posée, les points de vue des auteurs tels Michel Onfray ou Emmanuel Todd ne sont-elles pas de ces pensées subversives écrasées ?

Alain Finkielkraut dénonce l’essai d’Emmanuel Todd sur RMC le 22 mai « les gens se disent “qu’est-ce qu’un intellectuel ?” c’est celui qui a le droit, quand il le souhaite, de dire absolument n’importe quoi ». Considérer que l’intellectuel ne peut prendre qu’une forme, c’est risquer un système de pensée unique, sans contre-pouvoir. À l’inverse, espérons que nombre de points de vue, divergents, mais complémentaires, permettront une compréhension plus fine du réel. L’adage bien connu, dont on ne sait pas s’il doit être rattaché à l’écrivain Bernard Werber ou à Coluche, conclura la question sur la liberté d’expression : « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ».


LES VALEURS DANS "MONSIEUR IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN"

 

Une leçon de sagesse et de tolérance avec Éric-Emmanuel Schmitt



Éric-Emmanuel Schmitt n'avait jamais joué au théâtre de façon professionnelle avant d'être l'acteur de sa propre pièce.

THÉÂTRE. Tolérance. Amour. Sagesse. Ces valeurs véhiculées dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, texte écrit en 1999 par le célèbre écrivain belge Éric-Emmanuel Schmitt, prennent encore plus leur sens dans le contexte international actuel. Le dramaturge montera sur la scène de la Maison des arts Desjardins Drummondville le 30 novembre pour donner vie aux personnages de son roman.

M. Ibrahim et les fleurs du Coran raconte l’histoire de Momo, devenu adulte, qui se remémore son enfance passée dans l’épicerie de la rue bleue. Alors âgé de douze ans, ce jeune garçon juif, en manque d’amour depuis la séparation de ses parents, se lie d’amitié avec le vieil épicier arabe du quartier, Monsieur Ibrahim. Celui-ci semble connaître les secrets du bonheur qui feront retrouver le sourire et la gaieté de vivre au jeune Momo.

M. Schmitt confie que son texte, d’abord écrit comme un monologue de théâtre, mais popularisé en devenant un roman, «résonne encore mieux» aujourd’hui qu’en 1999.

«À cette époque, le rapport des Occidentaux à l’Islam en était un d’indifférence, enfin, en France. Aujourd’hui, c’est un rapport de méfiance, d’inquiétude, voire de haine. Il y a des gens qui voudraient qu’on ne puisse pas vivre ensemble si on est différent. Il y en a qui se font sauter et tuent les autres parce qu’ils veulent un monde complètement uniforme. Alors, se faire prendre par la main par M. Ibrahim et aller dans les beaux territoires de la mystique soufisme, territoires où l’on prie en dansant, où il y a une conception du monde qui est très noble et qui élève l’âme, eh bien tout d’un coup, ça devient quelque chose de très militant. C’est un conte de tolérance, de bienveillance et très humaniste. Il œuvre pour l’amour et non pour la haine. Ce texte a donc peut-être plus d’importance.»

Mystérieux et discret caractérisent bien M. Ibrahim.

«M. Ibrahim, c’est un sourire, un regard, de la tendresse. C’est comme ça qu’il va sauver l’enfant de sa propre violence. Un moment, il demande à Momo pourquoi il ne sourit jamais. Il lui répond "parce que sourire, c’est un truc de gens heureux". M. Ibrahim lui dit, "non, non, tu n’as pas compris, c’est le sourire qui rend les gens heureux". Bref, c’est une philosophie du bonheur», explique l’auteur qui s’est inspiré de son grand-père pour créer son personnage.

«Je monte chaque soir sur scène pour faire revivre mon grand-père. C’est un rendez-vous avec lui. Il était autant un enfant qu’un sage. Un sage par ce qu’il était artisan, il passait des heures dans son atelier avec une patience infinie, il avait la patience de la passion et m’a donné le sens du travail bien fait. Un enfant, parce qu’il était capable de tout arrêter, se mettre à quatre pattes et jouer avec nous. Il avait à la fois le sens du sérieux et celui du jeu», se rappelle-t-il, précisant que l’enfant Momo peut ressembler à l’enfant qu’il était.

Par accident

Il est rare qu’un écrivain devienne l’acteur principal de sa propre pièce, mais il en est d’autant plus lorsqu’il faut incarner six personnages.

«Ça demande une énergie et un accent spécifique pour chacun. J’aime jouer ce texte, car il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel! Ça me permet de faire des tas de choses», laisse-t-il entendre. 

Cette belle aventure a commencé il y a trois ans de façon accidentelle.

«C’est Francis Lalanne, comédien et chanteur, qui avait ce mandat à  Paris. Un jour, on m’a proposé de le remplacer, car il avait signé pour une série de galas de chansons. J’ai eu trois jours pour apprendre le texte et quatre jours pour le répéter avant de me retrouver devant le public qui avait été tellement chaleureux et merveilleux. L’expérience m’avait plu. Depuis, j’ai beaucoup travaillé sur les textes, mais également sur ma voix pour mériter cet accueil», raconte l’homme passionné des mots.

Et comment parvient-il à garder l’intérêt du public?

«Il faut avoir un bon texte! Quand Schmitt interprète n’est pas là, Schmitt écrivain est toujours proche et il fait le travail. Il n’y a pas un moment de cette histoire que je n’aime pas raconter et il paraît que ça se voit d’ailleurs», indique-t-il en riant.

M. Ibrahim et les fleurs du Coran a été jouée des centaines de fois en Europe, notamment en France et en Allemagne. Le roman a aussi été adapté au grand écran en 2003. Ce sera la première fois que la pièce sera présentée au Québec.

«J’espère que ça donnera le goût à d’autres personnes de la jouer», lance le dramaturge bien heureux d’entreprendre une tournée dans la Belle Province. 

 

lundi 1 décembre 2025

"M. IBRAHIM ET LES FLEURS DU CORAN" (pp. 64-75)

 



[escuelapedia.com]



QUESTIONS DE COMPRÉHENSION (10 points):


1. Quels sont les changements que Momo rapporte chez lui après avoir pratiqué la danse sacré (sama) des derviches? Quel est le rôle de M. Ibrahim dans cette transformation de son fils? Pour répondre à ces questions, lisez ci-dessous cette interprétation du texte (cfr. Yvonne Ying Hsieh, Eric-Emmanuel Schmitt ou la Philosophie de l'ouverture, pp. 97-100).


 

 

2. "Tu bouges trop, Momo. Si tu veux avoir des amis, faut pas bouger" (p. 66). Interprétez avec vos propres mots cette affirmation de M. Ibrahim. Qu'en pensez-vous?

3. Pourquoi M. Ibrahim n'a-t-il pas peur de mourir? Expliquez-le en vous appuyant sur le dialogue entre Momo et le moribond (pp. 69-70)

4. Expliquez les conseils de vie donnés dans le poème du mystique soufi Rumi (p. 71) et quel est le rapport que M. Abdullah établit avec la danse des derviches.

5. Rapportez d'une façon résumée ce qui se passe avec Momo après le décès de M. Ibrahim. Comment interprétez vous les dernières phrase du récit?


LEXIQUE (Rendez ces mots ou expression dans un langage standard):


-"J'avais la haine qui se vidangeait" (p. 65)

-"ça la fait bicher" (p. 74)

-"le plis et pris" (p. 74)




CAHIER DE CITATIONS:


-"Le coeur de l'homme est comme un oiseau enfermé dans la cage du corps". Quand tu danses, le coeur, il chante comme un oiseau qui aspire à se fondre en Dieu (p. 64)

-"Tu vois, Momo! Ils [les derviches] tournent autour de leur coeur qui est le lieu de la présence de Dieu. C'est comme une prière". (pp. 64-65)

-"Plus le corps devient lourd, plus l'esprit devient léger" (p. 65)

-"Moi, je tournais comme un enragé. Non, en fait, je tournais pour devenir un peu moins enragé" (p. 66)

-"Tu bouges trop, Momo. Si tu veux avoir des amis, faut pas bouger" (p. 66)

-"Pour un homme normal, je veux dire un homme comme toi et moi [...] ta beauté, c'est celle que tu trouves à la femme" (p. 67)

-"Moi, je n'ai pas peur, Momo. Je sais ce qu'il y a dans mon Coran" (p. 69)

-"Momo, tu pleures sur toi-même, pas sur moi. Moi, j'ai bien vécu. J'ai vécu vieux." (p. 70)

-"Alors, aujourd'hui encore, quand ça ne va pas: je tourne" (p. 71)

-"Il y a des enfances qu'il faut quitter, des enfances dont il faut guérir" (p. 73)

-"Voilà, maintenant je suis Momo, celui qui tient l'épicerie de la rue Bleue, la rue Bleue qui n'est pas bleue" (p. 74)

-"Pour tout le monde, je suis l'Arabe du coin" (p. 75)

-"Arabe, ça veut dire ouvert la nuit et le dimanche, dans l'épicerie" (p. 75)


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